BIBLE EN BRODERIE Le blog de Renée
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To my English speaking friends
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mon village = my village
l'Alsace en broderie = Embroidered Alsace
la Bible au point de croix = the Bible in cross stitch
point de croix de Noël = Christmas cross stitch
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Dans les Vosges du Nord, région vallonnée très agréable à sillonner, se nichent de charmants petits villages tranquilles. Mais il y a plus de deux siècles, l’hiver y était rude et les routes souvent coupées par la neige. L’endroit s’appelle la Ban de la Roche. C’est une enclave isolée entre des
populations germanophones et francophones. Les 80 familles qui habitent les cinq villages ne parlent que le patois. La misère quotidienne et la dureté des caractères sont le lot de tous. C’est dans l’un de ces villages, Bellefosse, que naquit Louise Scheppler, le 4 novembre 1763, il y a donc tout juste 244 ans.
Comme beaucoup de jeunes paysannes de l’époque, à l’âge de 15 ans, elle part travailler dans une famille, pour aider la maman surchargée. Elle entre au service de la famille Oberlin, dont le père de famille est pasteur. La maman mettra au monde 9 enfants et mourra à 35 ans. Dès lors avec dévouement, Louise prendra soin de tous ces petits orphelins de mère, sans jamais accepter aucun salaire, sinon le gîte et le couvert. Elle consacre à des œuvres de bienfaisance le modeste revenu qu’elle tire des biens que lui ont laissé ses parents.
Mais venant elle-même d’un milieu modeste, elle ne limite pas son zèle aux enfants Oberlin. Ella a à cœur de soulager la misère des paysans, très en retard sur les progrès de la technique et de la santé comparativement au reste de la France. D’ailleurs le pasteur Oberlin lui-même mettra toute son énergie à améliorer les conditions de vie de ses paroissiens, leur donnant l’exemple dans tous les domaines, depuis l’introduction de la culture de la pomme de terre, avec d’autres nouveaux légumes et des fruits encore inconnus, jusqu’à la construction de routes. Il perfectionna aussi grandement les techniques agricoles. Il devint même leur instituteur pour apprendre à lire aux adultes. Les délégués de la République à Strasbourg reconnaîtront la valeur de ses efforts et l’autoriseront à poursuivre son ministère en ces temps révolutionnaires troublés.
Mais Louise Scheppler va se révéler dans un projet bien particulier.
Stuber, le prédécesseur d'Oberlin, avait introduit le tricotage et le tissage auprès des femmes dans le but d'améliorer leur ordinaire. Il suggéra à Oberlin d'organiser des « écoles de tricotage » pour la formation des enfants, toujours dans le but d'adoucir les conditions de vie économique.
Oberlin en transforme l'esprit, constatant l'état d'abandon dans lequel vivaient les jeunes enfants, négligés par leurs parents puisque inutiles aux travaux des champs. Les « poêles à tricoter » vont naître, poêle signifiait salle commune.
L'important dénivelé entre le bas et le haut du village amena Oberlin à faire construire une école en son milieu. Inaugurée le 11 août 1774, elle marque la création des fondations de « la petite école dans l'école ».
Après sa formation au presbytère de Waldersbach, Louise Scheppler devient éducatrice, « conductrice de la tendre jeunesse ». Elle se déplace aux quatre coins du Ban de la Roche afin de pallier aux défections ou aux manques. Elle contribue au perfectionnement des méthodes éducatives des poêles à tricoter et assure l'instruction des jeunes filles aspirant à devenir conductrices.
On attribue à Louise Scheppler d'avoir créé une « maternelle » en 1779. La pédagogie appliquée dans les poêles à tricoter est en tout cas la première réalisation pratique d'une éducation collective de la petite enfance. C'est de là qu'est venue à l’époque en Angleterre et en France l'institution de ces salles d'asile où l'on reçoit et où l'on garde les enfants des ouvriers, si souvent abandonnés dans les villes au vice et aux accidents.
Louise Scheppler, cette simple paysanne de Bellefosse a consacré à la petite enfance le peu qu'elle possédait, et, de plus, sa jeunesse et sa vieillesse. Même avancée en âge, elle a réuni autour d'elle, sans rétribution, une centaine d'enfants de trois à sept ans, et leur a donné une instruction appropriée à leur âge
Louise Scheppler fut distinguée en 1829 par la remise du Prix de vertu de l'Académie française. Le discours prononcé à cette occasion lui attribue « l'honneur d'une idée qui a déjà tant fructifié et qui, bientôt, sera adoptée partout ». Jusqu'à sa mort, en 1837, elle se consacre entièrement à l'éducation de la petite enfance. Elle avait alors 76 ans.
Dans un texte manuscrit, Louise Scheppler donne comme consigne aux conductrices instruisant les tout jeunes enfants : 1. d’enseigner le tricotage aux garçons comme aux filles. 2. de leur donner une petite idée de la géographie et de l’histoire naturelle. 3 de leur raconter différentes anecdotes édifiantes à leur portée. 4. de leur inculquer les rudiments des lettres. 5. de leur faire comprendre la présence de Dieu et le respect des règles morales. C'est impressionnant de constater à quel point le tricot était considéré comme une activité essentielle pour compléter les travaux des champs.
Cependant, cela n’est pas allé sans mal. Le rôle des jeunes filles est très mal accepté à l’époque, et a fortiori dans un milieu rural montagnard, la situation de la femme n'est guère enviable. Travaux des champs, travaux ménagers et accessoirement les enfants. Oberlin crée un véritable choc dans la société de l'époque en accordant un statut social aux jeunes filles devenues conductrices, dans une réelle tâche de service public.
Toutefois, leur rôle est très mal accepté. Le simple gardiennage des enfants en bas âge aurait été sans doute mieux toléré. Mais les enfants communiquent dans leurs foyers les valeurs qui leurs sont inculquées, ce qui est ressenti comme une insupportable ingérence par une société fortement patriarcale. Pourtant, les jeunes filles poursuivent leur travail. Persévérance, courage et conduite exemplaire finiront par emporter progressivement le soutien de voix favorables. L'exemple d'esprit nouveau sera donné par les villageois de Bellefosse à l'occasion de la construction coopérative de leur école.
Oberlin a d'autre part montré un double attachement à sa foi religieuse et aux valeurs républicaines, et fait bénéficier ses conductrices d'une éducation civique. Une sorte d'équilibre original entre les valeurs piétistes et l'idéal humaniste républicain. La « petite école dans l'école », qui rassemblait les enfants avant l’âge scolaire habituel, a été le moteur de la transformation intellectuelle et sociale du Ban de la Roche, et le début de la reconnaissance des femmes.
Aujourd'hui, sur la façade de la mairie de Bellefosse, une simple plaque de grès rose perpétue le souvenir de la modeste héroïne. De nombreuses écoles maternelles et crèches en Alsace portent le nom de Louise Scheppler. Un téléfilm lui a été consacré il y a environ une année sur la télévision française. Le modèle de la crèche d'Oberlin enthousiasma des Britanniques qui, à leur retour des Vosges, créèrent des Infant Schools dans différentes villes d'Angleterre.
In the northern part of the Vosges mountains, just on the French side along the German border, there is a lovely valley with quiet villages. But more than two centuries ago, life was not so easy there, with much snow in winter and a difficult access to the villages. It’s called Le Ban de la Roche. At that time (from 1750 AD and after) it was a very remote spot, between population speaking german on one side, and french on the other side. The 80 families who were living in the 5 villages only spoke their own dialect. –Daily life only was misery and hardship. In one of these villages Louise Scheppler was born on November 4 1763, exactly 244 years ago.
As many young women at that time, when she is 15, she begins to work in a family to help the over busy mother. So she enters the Oberlin family, whose father is a protestant pastor. The mother will give birth to 9 children before dying when she’s 35 years old only. From them on Louise chooses to care for these motherless orphans, never accepting any salary all her life long, except food and shelter. She dedicates to charity purposes her belongings which she got from her parents.
Being born in a poor family, she doesn’t feel satisfied with caring for the Oberlin children. She begins to help the poor families of the parish, who don’t know the average health and technical progresses available in France. Pastor Oberlin himself is much involved in teaching the peasants : he introduces new vegetable and fruit, among which potatos; he shows them how to build roads and bridges. He becomes teachers for adults, teaching them reading. When the French Revolution sends messengers to Strasbourg, the main town in the area, they recognize the value of his work and they aggree that he goes on with his religious involvment too.
But Louise Scheppler will get totally involved in another project.
Pastor Stuber, who was there before Oberlin, had introduced knitting and weaving in the villages to help the peasants to earn some more money. He suggests to Oberlin to open knitting schools to teach a new skill to the children. But Oberlin imagines a much larger project, and Louise Sheppler will be the founder of this new venture.
Very young children are left without care during all day long, when their parents are working on the fields, as they are not strong enough to help teir parents. So Oberlin open a first “gathering room” for them just in the middle of the upper part and the lower part of the village. Later on Louise Scheppler will be in charge of it (she had learned a lot caring for the 9 Oberlin children!). Usually it’s considered as the very beginning of all kindergartens and other toddlers schools.
From then on she’s walking from one village to the other, teaching young girls to be real “children leaders and educators”. She builds a pedagogy for very young children. We have notes, written by herself, telling to the new young “teachers” what to teach to the children : 1. knitting to both boys and girls. 2. a small amount of geography and natural science 3. to tell them some true anecdots able to teach them something 4. to teach them letters and numbers 5. to help them to know that God is near them, and to teach them some good moral principles. It's thrilling how much knitting was considered as an important dkill to acquire by the children.
The sad fact is that people where not at all ready to accept that a single girl teaches children, that she has influence on them, in one word that she would have her own “job”. Just to watch over the children would have been enough for the parents who feared that children would learn modern ideas. Difficulties lasted long and Louise Scheppler and all her helpers needed much perseverance, love and patience, and to show a perfect moral life. Yet in 1828, Louise receved an important award in Paris for her work and her thoughts on the subjects of teaching the very young children.
Today a slab on the wall of Bellefosse town hall recalls that Louise Sheppler was born in this village. Many kindergarten and toddlers schools bear her name, as some other in the USA. A TV movie pictured her life a few moths ago on French TV.
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